Gender studies : les cathos en croisade

Dénoncées par Christine Boutin et les assos catholiques, puis défendues par les enseignants, les Gender studies font monter la mayonnaise. Plus qu’un débat sur les programmes scolaires, c’est un vrai duel éthique qui se joue.

Blasphème !

« Propagande ». C’est le terme qu’a utilisé la présidente du Parti Chrétien-Démocrate Christine Boutin pour décrire les « Gender Studies ». Dans une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale, elle proteste contre cet enseignement, désormais obligatoire au lycée, qui met à l’honneur l’étude des inégalités sociales hommes-femmes. Les études de genre visent en fait à déconstruire les stéréotypes hommes-femmes en étudiant les inégalités de sexes au travers, non pas de différences biologiques, mais de constructions sociales. En somme, expliquer par quels mécanismes sociaux on devient un homme ou une femme. Mais Christine Boutin ne l’entend pas de cette oreille : pour elle, il s’agit ni plus ni moins d’une « conception particulièrement contestable de l’homme, de la sexualité et de la société ». Le point le plus contesté : le programme prévoit d’aborder la question de l’homosexualité au même titre que celle de l’hétérosexualité. Un effort de déconstruction des valeurs qui n’a pas manqué de déranger les associations catholiques.

Une « croisade anti-homo »

Pour barrer la route aux revendications des représentants catholiques, les syndicats enseignants de sont mobilisés. Ils dénoncent une véritable « croisade anti-homo ». Dans un communiqué, le SNES-FSU (premier syndicat de l’enseignement secondaire), a protesté : « A les entendre, il n’y aurait qu’un seul modèle de cellule familiale : le couple hétérosexuel et ses enfants. L’école, lieu de socialisation et de transmission des savoirs, doit donner aux jeunes les connaissances scientifiques, sociologiques et philosophiques, nécessaires à la compréhension de la société et à leur émancipation ».

Pour l’Unsa Education, « les Eglises, quelles qu’elles soient, n’ont pas à donner leur avis sur des programmes scolaires qui visent à la formation de citoyens et non de croyants. » D’ailleurs, Christine Boutin elle même insiste dans sa lettre sur l’importance des valeurs républicaines à l’école. Impossible de faire l’impasse sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans les programmes d’histoire, pourtant…

L’Unsa s’interroge : le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, « cèdera-t-il aux pressions des intégristes catholiques ? Ou y résistera-t-il? »