Plus d’autorité, plus de testostérone !

On ne lit pas trop le Figaro, mais il y a des fois où ça vaut le coup. Suite à son article dénonçant la sur-féminisation du corps enseignant, Marie-Estelle Pech annonçait solennellement hier sur le site du journal : « le débat (…) est lancé ». Rappelons bien que tout ça part de sources imprécises, c’est-à-dire « l’entourage du chef de l’Etat », qui aurait exprimé son souhait de ramener un équilibre dans le monde de l’enseignement. En effet, si l’on en croit le Figaro, l’autorité, c’est une affaire d’hommes : trop de femmes dans l’enseignement, c’est donc la porte ouverte à une pédagogie douce, maternelle… Bref, avec un peu de testostérone dans les classes, les gamins seraient mieux dressés. On touche vraiment le fond de la pensée viriliste… Toujours est-il que Luc Chatel ne faisait visiblement pas partie de ces mystérieuses sources, puisqu’il a vite déclaré qu’il était « en désaccord total avec ces propos ». Encore heureux… Puisque cette question est aujourd’hui érigée en grand débat par le sacro-saint Figaro, il faut se préparer à en entendre, des remarques sexistes de bas étage.

En tous cas, en Angleterre, on a trouvé la solution pour remettre au goût du jour l’autorité, la vraie : dégager les enseignantes en recrutant les profs dans l’armée. Malheureusement, ce n’est pas une blague. Après les émeutes du mois d’août, le gouvernement de David Cameron a décidé de s’attaquer à la source du problème de délinquance : l’éducation. « Que ce soit bien clair : les règles du jeu ont changé », a annoncé le premier ministre. Et c’est peu dire : finie, la « no touch rule », qui stipulait que les professeurs avaient interdiction formelle de toucher les élèves. S’il n’est pas question de remettre en place les ancestraux châtiments corporels, abolis dans les écoles publiques depuis 1987, le gouvernement a tout de même prévu de les remettre au goût du jour. La « contrainte physique » sera donc autorisée, donnant la possibilité aux professeurs d’intervenir physiquement auprès des élèves en cas de transgression des règles. Et pour changer les règles, le gouvernement frappe fort. Non seulement il estime que le corps enseignant est trop féminisé, et prévoit donc de renforcer la proportion d’hommes, mais ce n’est pas tout. Il lance un programme de reconversion des militaires dans l’enseignement. Ça tombe bien, il est prévu de réduire les effectifs des armées… Une école privée de Manchester va appliquer cette nouvelle méthode à la dure, au pied de la lettre : elle sera uniquement encadrée par des anciens de l’armée…