Cinq fruits et légumes par macho

Ca fait déjà un moment que l’association de défense des animaux Peta base sa communication sur l’impact du veganisme sur la sexualité. Ils sont tombés un jour sur une étude montrant vaguement qu’un régime vegan (végétalien, quoi) augmentait les performances sexuelles ; depuis, c’est devenu leur Bible (archive : la pub Peta pour le Superbowl, censurée). Comme tout le monde, ils ont bien compris que le sexe était le meilleur argument de vente pour à peu près n’importe quoi.

Leur dernière trouvaille : la «BWVAKTBOOM»

Une pathologie, imaginaire, dont le nom signifie « Boyfriend went vegan and knocked the bottom out of me » (en VF : Mon mec est devenu vegan et m’a défoncé les, euh… parties intimes). Chic ! Ca pourrait être amusant, sauf que toute la campagne est basée sur des blagues plus ou moins trash sur les violences conjugales. Dans le spot, on voit une jeune femme blessée, petite culotte à l’air, qui marche dans la rue avec une botte de poireaux. Forcément, son copain, vigoureux mangeur de tofu, l’a bien amochée tant il est devenu une « star du porno tantrique ».

En prime, un site dédié à la maladie imaginaire donne des conseils pour devenir vegan tout en gardant sa copine en vie (mettez-lui un casque, par exemple…) et propose des vidéos faussement amateur de jeunes femmes qui racontent leurs ébats aussi enflammés que dangereux. L’idée est plutôt drôle… du moins au départ. Mais il y a trop d’éléments problématiques dans cette campagne. Rigoler des violences conjugales, c’est très limite. Comme l’assiocation féministe canadienne Slut Walk l’a dit, « Peta doit savoir qu’être végane est peut-être sexy, mais que la violence sexuelle ne le sera, elle, jamais. »

Ce qui à ma connaissance n’énerve pas grand monde en revanche, c’est qu’une fois de plus, les femmes sont présentées comme subissant la sexualité des hommes, qui eux, sont tellement obsédés par leurs performances sexuelles qu’elles peuvent devenir un argument commercial. Une femme qui passe vegan devient violente, aussi ? Ca ne semble pas être la préoccupation de Peta : finalement, on s’en fout un peu de la libido des femmes. Déjà qu’on sait pas bien comment elle fonctionne…