Hypersexualisation des fillettes : assez !

Il y deux semaines, Chantal Jouanno disait que l’hypersexualisation était « un phénomène tout à fait marginal » en France (voir le billet). Dans son rapport rendu au gouvernement lundi, elle est outrée, scandalisée : « L’hypersexualisation est la cause de la régression féminine », dit-elle ! Bon, je ne comprends pas bien comment on peut retourner sa veste avec autant d’habileté, mais là n’est pas la question. Ses trois propositions sont-elles viables ?

Interdire les concours de mini miss

Probabilité d’aboutir : 80%
A part les organisateurs qui se font un blé monstre et les mères qui chouineront quand elles apprendront qu’elles ne pourront plus fagoter leurs gamines comme des objets sexuels, cette mesure salutaire ne devrait poser de problème à personne.

Efficacité : 80%
Si on interdit ces concours de beauté glauques, ça fera déjà quelques gamines mal dans leur peau en moins. Mais avec l’émission américaine « Toddlers and tiaras » fraîchement diffusée sur NT1 (en VF : « Mini miss : qui sera la plus belle ? »), ceux qui veulent rêver à un monde rempli de mères white trash frustrées et de petites filles maquillées comme des camions volés le pourront encore.

Interdire aux marques d’avoir des égéries de moins de 16 ans

Probabilité d’aboutir : 100%
C’est sûr, ça ne ferait pas plaisir aux mères qui prévoient pour leur fille la carrière de mannequin qu’elles n’ont jamais pu vivre. Mais vu le tollé provoqué par le magazine Vogue l’année dernière, il semble que le dégoût soit unanime.

Efficacité : 50%
Chantal Jouanno compte utiliser le principe du « name and shame », bien connu en Grande-Bretagne ou en Suède : les consommateurs et les associations seraient libres de dénoncer les marques ne respectant pas les règles, lesquelles seraient, en gros, montrées du doigt sur internet. Sur le principe, ok, mais en ce moment on voit bien à quel point les marques profitent du « bad buzz » pour faire parler d’elles. Cette nouvelle règle pourrait être un énorme vivier à buzz volontaire. Et puis, surtout, tant qu’il y aura des strings en taille enfant dans les magasins… Le problème sera toujours là.

Revenir à l’uniforme à l’école primaire

Probabilité d’aboutir : 30%
Les mioches vont râler, mais peu importe. Surtout, c’est tellement éloigné des traditions françaises que tout le monde risque de monter dans les tours.

Efficacité : 50%
Cette proposition ne s’attaque pas directement à l’hypersexualisation, mais l’uniforme empêcherait déjà des petites filles d’aller à l’école fagotées comme des adultes. Et puis, c’est quand même un faire valoir solide de l’égalité des chances.