Un harceleur sexuel en culotte courte

Dans l’Etat du Colorado, aux Etats-Unis, un petit garçon de six ans a été expulsé de l’école élémentaire pendant trois jours pour harcèlement sexuel. L’objet du délit : avoir chanté la chanson « Sexy and I know it », du groupe LMFAO, à une camarade de classe à la cantine. Connaissant le clip (ici), on peut imaginer que le gamin ait imité la chorégraphie des deux types, mais quand bien même ce serait le cas : le terme de « harcèlement sexuel » n’est-il pas légèrement démesuré ?

La mère de l’enfant, quant à elle, ne comprend toujours pas la décision de la direction de l’école. « Ce sont des enfants ! Avez-vous déjà vu du harcèlement sexuel de la part d’un enfant de six ans ? », s’est-elle insurgée dans une interview. « Je vais discuter avec lui pour voir s’il comprend vraiment ce que signifie la chanson. » Et on se doute bien qu’un enfant de 6 ans ne comprend pas la moitié de ce que les paroles de cette chanson impliquent. Pas plus d’ailleurs que le déhanché des types qu’il a pu voir dans le clip. Évidemment, et malgré que l’école ait porté plainte contre le petit garçon, la police ne le poursuivra pas. Et oui, il a 6 ans.

Alors que le délit de harcèlement sexuel vient de passer à la trappe chez nous, outre-Atlantique, l’ambiguïté que certains lui reprochent semble prendre tout son sens. Maintenant que rien (ou presque) ne protège juridiquement les victimes, il serait peut-être urgent de mettre un peu d’ordre dans la définition d’un délit qui, rappelons le, touche deux millions de personnes chaque année (pour seulement 80 condamnations annuelles).