Sexe : une petite mort pour la route ?

Quelle est la dernière chose que vous voudriez faire avant de mourir ? L’amour, ont répondu 47% des hommes et 25% des femmes sondés par le site de rencontres extra-conjugales Firstaffair.fr.

Rien de surprenant à ce qu’un bon paquet d’entre nous veuille se garder une petite mort pour la route. Sauf qu’en y réfléchissant, je réalise aussi que nombreux sont ceux qui voient leur dernier souffle comme la seule occasion d’assouvir leur envie de partie de jambes en l’air la plus persistante. Pas le courage d’assumer « l’après », pas l’audace de proposer, je me souviens des confidences de deux personnes qui, sauf invasion de zombies ou chute de météorite géante, ont prévu de ne jamais réaliser le fantasme qui les empêche de dormir. 

La fille qui avait peur de passer pour ce qu’elle n’était pas

« Je rêve de faire un truc à trois », m’a confié un jour une copine, « mais plutôt mourir que de le proposer à mon mec. » Paulette (les noms ont été changés, ça va sans dire) a pourtant un mec plutôt aventureux et il y a fort à parier qu’il accepterait sans sourciller – mais plutôt avec des yeux exorbités façons Tex Avery – de partager avec un deuxième luron.

En creusant un peu, je me suis rendue compte que ce n’était pas vraiment la réaction de celui qui partageait son lit qui la tracassait, mais plutôt qu’elle n’assumait pas son envie. « Rien que d’en parler j’ai l’impression de passer pour une salope », qu’elle m’avait lancé. Ah ! Voilà, on y vient !

Le spectre de la salope la hantait, c’était bien là le problème. Il faut dire qu’on nous rebat suffisamment les oreilles avec l’idée qu’une femme ne peut pas à la fois aimer ça et être quelqu’un de respectable ; en somme, qu’on ne peut pas être à la fois la mère et la pute. Le bon vieux « Ne couchez pas le premier soir, vous passerez pour une fille facile » résume assez bien le bourrage de crâne en question. Pour faire culpabiliser les femmes, on a encore rien inventé de mieux qu’un précepte-à-mamie.

Le garçon qui voudrait bien coucher avec un garçon

Et puis il y a Maurice (les noms ont été changés, je vous dis). Tombeur de première, toujours entouré d’une belle bande de nénettes. Sauf que lui, son truc inavouable, c’est qu’il voulait depuis un bail coucher avec un garçon, pour voir. Il a fallu attendre qu’il soit bien alcoolisé pour qu’il la lâche, sa bombe. 

Ensuite, ça été un festival d’inquiétudes : « Faudrait surtout pas que ça se sache. » «J’assumerai jamais. » « Ca refroidirait les nanas direct. » « Je suis foutu. » « Je suis gay ? » « Mais non, je suis pas gay, je suis curieux. » « Et si j’y prend goût ? » Tout ça pour retourner à la case départ : jamais, au grand jamais, il ne sauterait le pas. Ou alors, avant de mourir, oui, là pourquoi pas.

C’est plutôt l’obsession de la virilité qui le taraudait. Alors qu’on trouve facilement acceptable pour une fille de vouloir coucher avec une autre pour l’expérience (merci Katy Perry), la donne change pour un homme. Déjà parce qu’une fille avec une fille, c’est un fantasme de mec ; aussi parce beaucoup d’hommes sont persuadés qu’in fine, la gent féminine ne peut pas se passer d’eux. Un homme qui confie la même curiosité est considéré fissa comme suspect : c’est sa virilité qui est remise en question. Est-ce qu’on marcherait pas un peu sur la tête ?

Dans un mois c’est plié : c’est les Mayas qui le disent.

Parlons franchement : j’y crois pas une seule seconde, à cette fin du monde. Mais si tout le monde se met dans le crâne qu’il ne nous reste qu’un mois à vivre, le 21 décembre risque d’être une belle, très belle journée. Et les suivantes, on en parle même pas !