Afficheuses sauvages

Dans les rues de Rennes, deux étudiantes en graphisme exposent leur féminisme à grand renfort de colle à papier. Mathilde et Juliette tombent des nues en apprenant qu’à peine plus d’1% des rues françaises portent un nom de femme. La proportion a beau monter à 6% dans leur ville, c’est loin d’être suffisant pour les deux jeunes artistes, qui s’empressent d’ajouter leur pierre à l’édifice en montant leur collectif : La Brique. Louise Bodin – militante politique bretonne, Marion du Faouët – bandit des Cornouailles au XVIIIe siècle, Anne Malivel – instigratrice du mouvement d’art breton Seiz Breur… Depuis avril, le duo a collé 250 feuilles A3 au graphisme léché à l’effigie de femmes qui ont fait l’histoire de Rennes.

De l’autre côté de l’Atlantique, une autre jeune artiste a choisi l’affichage sauvage comme arme politique. Tatyana Fazlalizadeh placarde dans les rues de Brooklyn des portraits de femmes accompagnés d’un message à l’attention des passants. Si l’expo à la sauvette de cette plasticienne s’appelle « Stop telling women to smile », c’est qu’elle entend dénoncer le harcèlement de rue. « Les commentaires à propos de mon corps de sont pas les bienvenus », peut-on lire sous l’un de ses portraits au fusain. «Je ne m’appelle pas « bébé »», lit-on sur une autre. Ce mois de juin, Tatyana voit son travail exposé en toute légalité dans une galerie de Brooklyn.