Bonne fête monsieur, bonne fête madame

Le 19 novembre, c’était la journée internationale de l’homme. La manifestation existe depuis 1999, mais pourtant (et sans explication) il a fallu attendre ce mardi pour la voir relayée par à peu près tous les médias alors qu’elle ne fait du bruit chaque année que dans les pays anglo-saxons. Six jours avant la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, on s’interroge donc sur les inégalités subies par le sexe fort.

Passons sur le concept saugrenu de journée de l’homme (qui n’a pas tant de mal à se faire entendre le reste de l’année, admettons-le, même s’il est important de souligner que les hommes sont au même titre que les femmes engoncés dans des assignations sociales de genre, comme je le dis régulièrement ici). Voyons plutôt ce qui a bien pu se passer le 19 novembre.

Et bien, au delà de quelques visuels débiles repérés outre-Atlantique, qui ne servent en rien l’objectif de lutter contre les stéréotypes masculins, pas grand chose. Par contre, les Belges ont bien fêté ça. La chaîne de magasins de bricolage Gamma a mis le paquet pour attirer le chaland dans ses rayons : la marque a invité ses clients mâles à participer à une séance photo entourés de femmes légèrement vêtues.

Le spot publicitaire, qui n’est pas sans rappeler le très élégant Satisfaction de Benny Benassi (mais si, rappelez-vous), nous gâte avec trois gonzesses déguisées en chats puputes qui jouent les Bricol’Girls. Face au tollé qui a suivi la diffusion de la pub, la marque a fait marche arrière, proposant finalement à ses clients de poser avec un modèle masculin.

Ce raccourci « journée de l’homme = fête de l’homme = cadeau sexiste à souhait », ça ne vous rappelle rien ? Moi, si. L’année dernière, pour la journée internationale des droits des femmes, le stade rennais offrait aux femmes une place à 5€ et leur proposait de venir « vibrer », photo de sextoy à l’appui.


Et cette démarche biscornue est loin d’être un cas isolé puisque chaque année, le 8 mars est un prétexte marketing usé jusqu’à la corde. L’ironie va très loin puisque l’année dernière, on nous offrait, dans le désordre, un gommage, une crème anti-âge, un bracelet, une vidéo pour « apprendre à séduire un homme », un protège-slip ou un coussinet d’allaitement. Bonne fête madame…  

Alors, pour la journée internationale du handicap (le 3 décembre), on offre des fleurs à son voisin tétraplégique ? Et le 21 mars (journée contre le racisme), on dit « bonne fête » à son ami noir ? Je ne crois pas, non.