Violences faites aux femmes : piqûre de rappel sur la réalité du terrain

Le 25 novembre est l’occasion de mettre en lumière les violences faites aux femmes et les énormes progrès qui restent à accomplir dans l’aide aux victimes. Aujourd’hui, l’association Paroles de Femmes interpelle la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem sur l’écart qui persiste entre la théorie et la pratique de leur prise en charge. Dans cette vidéo, on voit Olivia Cattan, présidente de l’association, ramer pendant plusieurs heures pour trouver un hébergement d’urgence pour une mère de trois enfants, violentée par son mari. Entre le 115 et les centres d’urgence, elle enchaîne les appels, en vain. Une piqûre de rappel indispensable sur les réalités du terrain.

Si ce film réalisé pour la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) par l’agence WCIE nous rappelle que le téléphone est une arme, force est de constater que la réalité est un peu moins simpliste.

Et puisque les violences faites aux femmes ne sont pas seulement physiques mais aussi psychologiques, je vous conseille de voir ou de revoir cet excellent court-métrage belge qui dépeint avec beaucoup de justesse les rouages des violences dans le couple. Si la prise en charge des victimes est une priorité absolue, nous pouvons déjà, à notre petite échelle, ouvrir le débat autour de nous pour que les visions caricaturales des violences faites aux femmes laissent place à la réalité. Non, les victimes ne sont pas des êtres faibles que « rien n’empêche de se barrer », comme je l’ai entendu pas plus tard qu’hier. Non, les violences faites aux femmes ne sont pas l’apanage des milieux défavorisés. Non, l’alcool n’est pas une explication aux comportements violents. Et non, les violences conjugales ne sont pas un problème privé.

Le nouveau plan triennal présenté vendredi par Najat Vallaud-Belkacem prévoit de doubler les moyens (66 millions d’euros), notamment en favorisant les plaintes. Il est aussi question de créer 1650 places d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences, et ce d’ici 2017.