Pop culture et syndrome de la lesbienne pour hommes

Alors que l’ado en crise Miley Cyrus vient de se livrer dans MTV Unplugged à un duo collé-serré avec Madonna qualifié par certains de « subversif », Shakira et Rihanna sortent un clip dans lequel elles se tripotent le cul en petite tenue (les deux vidéos plus bas). On croyait que la mode ringarde de ces célébrités jouant les lesbiennes pour exciter les flashs était derrière nous, mais on dirait bien que c’est reparti pour un tour.

Au début des années 2000, galocher une copine était le moyen le plus efficace pour une célébrité hétéro de booster sa promo. Ce qui choque la ménagère devant son poste de télé en 2003 (Britney Spears embrasse Madonna qui embrasse Christina Aguilera) a un goût de réchauffé en 2011 (Britney Spears embrasse Rihanna puis Lady Gaga) et sent carrément la tactique désespérée pour attirer l’attention en 2013 (Katy Perry embrasse Rihanna qui embrasse Miley Cyrus).

Où est le problème ?, me direz-vous (je vous vois venir). Le problème, c’est que jouer à la fille qui aime les filles en l’envisageant comme une stratégie de communication participe à faire passer l’homosexualité féminine pour un truc fait pour exciter les hommes. Si à côté de ça, on voyait un peu plus de lesbiennes célèbres sorties du placard, on aurait peut-être une idée un peu plus réaliste de ce qu’est l’homosexualité féminine, mais les exemples restent malheureusement peu nombreux. Aux Etats-Unis, on a Ellen de Generes, Portia de Rossi, Beth Ditto, Peaches, Judy Foster (au passage, on a assisté cette semaine à l’arrivée dans une série Disney d’une famille avec deux mamans). Et en France ? Je vous mets au défi d’en citer cinq.

Nous voilà donc en 2014, et les deux rebelles en carton du moment remettent le couvert. Miley Cyrus donnant des petites claques sur les fesses de Madonna en tirant sa grande langue pour signifier au monde qu’elle est la fille la plus rock’n’roll du monde, après avoir simulé un coït avec un faux cheval (oui, un cheval) ; Rihanna caressant les fesses de Shakira entre deux simulations de lapdance avec un mur (oui, un mur), sur un morceau qui parle d’une rupture douloureuse avec… un homme. Plus que jamais, pour vendre de la pop il ne suffit plus de se mettre en scène comme un objet sexuel (tellement mainstream), ni de reproduire les codes du porno (vu et revu), ni de simuler l’orgasme entre deux refrains (pfff). Il faut faire semblant de faire des cochonneries avec une autre fille tout en ayant l’air impeccablement hétéro.