« Looking » : HBO essaye vraiment fort d’être gay ok

Dans les séries télé, les homos ont vite fait d’être relégués à des rôles de parfaits clichés ambulants. On nous met dans le crâne qu’ils font forcément partie de la catégorie des gros bears à chemise à carreaux ou de celle des crevettes efféminées un brin pétasses. Et au rayon sexe, ça ne s’arrange jamais beaucoup puisqu’on nous les dépeint bien souvent comme des pénis sur pattes. Fort heureusement, il y a du nouveau sous le soleil.

Looking est la dernière série de HBO (Game of Thrones, Girls, Hello Ladies), qui raconte le quotidien de Patrick, Agustin et Dom, trois amis gay vivant à San Francisco. Jetez moi la pierre si vous voulez, je viens à peine de découvrir ce programme alors qu’il a été lancé en janvier aux Etats-Unis, et simultanément sur la chaîne française OCS City (Vous savez sur quel bouton appuyer pour tomber sur cette chaîne, vous ? C’est sur le câble, voilà pourquoi.) Mais je ne peux décemment pas être la seule à être passée à côté, alors vous serez sympa de me laisser finir.

Dès le premier épisode, on sent que HBO a mis toute son énergie à dépeindre ses personnages gay avec le plus de réalisme possible. On y voit des scènes de sexe entre garçons (Ô rareté !), on se pose en même temps que les personnages de vraies questions sur « l’identité gay » et la masculinité, et la psychologie des personnages est un brin plus élaborée que celle du meilleur ami gay de Carrie dans Sex and the city – je vous l’accorde, c’était pas bien difficile. Les trois potes sont des gens comme vous et moi, avec des problèmes de fric, des relations amoureuses compliquées et une carrière à gérer. Ca change de l’éternel personnage de fofolle tout juste bonne à aiguiller ses pineco dans leurs choix vestimentaires.

Mais il est là, le problème : épisode après épisode, on sent tellement à quel point HBO essaye de ne froisser personne que c’en est pesant. Et puis, dans Looking, absolument tout le monde est gay. C’est à croire que l’hétérosexuel est une espèce en voie de disparition à San Francisco, et ça n’ajoute rien au réalisme.

HBO, tu gagnes un point pour avoir essayé. Espérons que la deuxième saison, qui vient d’être commandée, s’excusera un peu moins d’être gay que la première.


PS : Au rayon de l’homosexualité dans la fiction, la nouvelle série ado Faking It (MTV) est un bon indicateur des moeurs chez les plus jeunes. C’est l’histoire de deux lycéennes pas franchement adorées de leurs pairs qui décident de faire croire à tout le monde qu’elles sont en couple pour booster leur popularité, et c’est amusant de voir que l’homosexualité est le nec plus ultra des vecteurs de cool dans leur cour de récré. Bonne nouvelle, du moins dans la fiction… Même si la moitié de l’intrigue est basée sur les fantasmes du beau gosse qui se donne pour mission de faire changer de bord l’une des deux gamines.