Le courrier du cul #6

Aujourd’hui, le courrier est un peu spécial puisqu’il s’agit d’une édition vintage, piquée dans une collection d’archives de 1939 du magazine Marie Claire. C’est là qu’on se rend compte – avec amusement d’abord, puis avec une pointe d’effroi – que les questions qui empêchent les femmes de dormir cette année là sont à peu de chose près les mêmes aujourd’hui.

Dilemme maman/putain, complexes farfelus, incompréhension entre des hommes sauvages et des femmes en attente d’engagement sentimental, canons de beauté sclérosant : on en est peu ou prou au même point. Le cul en moins, bien sûr, puisqu’en 1939 on n’accorde pas encore la moindre importance au plaisir de la bagatelle, surtout s’il est féminin. A l’heure où Yvette et Saphir N°7 écrivent ces mots, ça fait quelques mois que la réforme des régimes matrimoniaux les autorise à prendre des décisions au sein du couple, même si le mari conserve la liberté de leur interdire d’exercer un métier et détient seul l’autorité parentale. A l’époque, les femmes conduisent, fument, portent des jupes courtes mais n’ont pas le droit de vote.

Après ces quelques missives, je tiens à partager avec vous un petit guide qui vous serait bien utile, chères lectrices modernes qui avez l’habitude de remettre tranquilou votre culotte en place, planquée derrière un abris-bus en croyant que personne ne vous voit. Comme nous le rappelle Marie-Claire en 1939, « pour plaire, il faut s’habituer à penser à tous les détails. » Là aussi, ces quelques « détails » (du genre trente minutes, le check-up) ne sont pas loin du calvaire rituel que bon nombre d’entre nous s’inflige pour être sûre de ressembler à une femme Barbara Gould.

Je vous laisse sur ces exercices « spécial ventre plat » qui n’ont pas pris une ride, et qu’on pourrait imaginer retrouver en l’état dans un numéro de rentrée de Cosmo. Joyeux 2014 !