Vagin, où es-tu ?

Le web s’enflamme depuis quelques jours sur un chiffre effrayant : la moitié des britanniques ne sait pas localiser son vagin. On n’a pas posé la question à des jeunes filles, le panel courait de 26 à 35 ans. Sur un schéma comme celui ci-dessous, on leur a demandé de placer cinq zones pouvant être touchées par un cancer gynécologique  : utérus, col de l’utérus, ovaires, vagin et vulve. Les cinq sont au programme de SVT au collège, mais au fond le truc, c’est surtout qu’un vagin, on s’en sert quand même de temps en temps, on devrait donc en principe savoir où il se trouve.

Il y a aussi une question de vocabulaire dans tout ça : les plus jeunes (16-25 ans) sont 40% à ne pas utiliser les termes « vagin » et « vulve », et préfèrent dire « lady parts » (« parties féminines », en VF). Au delà de ça, les anglo-saxonnes ont cette curieuse habitude d’utiliser le mot « vagina » pour parler de la totalité de leur bas ventre. On peut donc à les entendre dire des choses aussi dénuées de sens que « Je viens de me faire épiler le vagin ».

Le pire, c’est que ce lexique foireux est en train de s’exporter. En atteste cet article du Huffigton Post français traduit de la version américaine et intitulé « 10 choses que j’aurais aimé savoir avant d’avoir une fille ». On y lit que « la vigueur déployée à la découverte d’un minuscule vagin de bébé qui est couvert de merde est stupéfiante. » Bon, déjà, on ne comprend pas la phrase, mais surtout, il faudrait m’expliquer par quelle contorsion (malformation ?) une petite fille peut déféquer sur son vagin. Bref, on peut se dire que puisque les anglo-saxons disent « vagin » pour vulve, lèvres, pubis et tout le bousin, il ne faut peut-être pas conclure trop vite de ce sondage que les femmes ne connaissent pas leur corps.

Ca voudrait dire que les Françaises s’en sortiraient haut la main au même test anatomique ? Que dalle. Maëlle Corre Labat, étudiante à l’Ecole de sages-femmes de l’université d’Angers, s’est posé la question et en a fait son travail de fin d’études. Elle a fait remplir un questionnaire à 106 patientes (de 16 à 60 ans, 38 ans en moyenne, toutes catégories socioprofessionnelles confondues) pour mesurer la connaissance des femmes de leur propre corps. 75% d’entre elles seulement ont su positionner le vagin sur le schéma vue de face, 64% sur celui vu de profil.

Bon, et vous ?

Et pour être sur de toujours se souvenir de l’emplacement du vagin, l’artiste Eleanor Haswell a tout prévu. Voyons cette culotte moche comme un mémo de l’importance de cet organe merveilleux.