Pubs sexistes du jour, bonjour ! #14

Au programme : Le parti républicain qui s’adresse aux femmes dans un remake de « Say yes to the dress », une ligne de produit vaisselle qui fait des blagues de cul et le salon de l’artisanat qui se prend les pieds dans le tapis.

 

Politique de la robe meringue

Comment attirer l’attention des femmes ? En leur parlant chiffons et mariage, bien sûr ! Aujourd’hui, pour changer, ce n’est pas une marque de produits d’entretien qui nous régale, mais… le Parti républicain américain. A quelques semaines des élections de mi-mandats, il n’a rien trouvé de mieux pour faire la promotion de son candidat que de se fendre d’un puant remake de l’émission « Say yes to the dress » (une télé-réalité aussi ringarde que populaire consistant à suivre des futures mariées dans un magasin de robes-meringues, le moment clé étant la dispute entre les copines et la mère/belle-mère/grand-maman aux goûts jugés périmés).

Le comité national des jeunes Républicains a dépensé près d’un million de dollars dans la réalisation et la diffusion de ce spot. Chanceuses américaines ! Puisqu’elles se foutent de la politique comme de leur première culotte et que de toutes façons, elles n’y comprennent rien, on a donné aux robes le nom des deux concurrents aux élections pour leur expliquer les choses avec des mots simples, adaptés à leur passion toute féminine pour le shopping. Démocrate veut dire trop cher, Républicain veut dire moins cher, et allez hop, on est sûres qu’elles vont comprendre.

Et le pire, c’est que ce concept sort tout droit de cerveaux féminins. Histoire de se justifier, les créatrices de la pub ont tweeté une photo d’elles en réponse aux réactions des internautes. « Juste pour être claires, voici les femmes fortes et talentueuses qui ont écrit le script des pubs ‘Say yes’ ! » Ouais, on aurait bien ajouté « ringardes » avant de leur expliquer en quoi il est navrant de s’adresser à leurs pairs en les prenant pour des débiles.

Vaisselle sale et blagues de fesses

Au rayon des femmes persuadées d’être modernes en réchauffant des stéréotypes sexistes déjà bien entamés, il y a l’illustratrice Marie Colin et ses flacons de liquide vaisselle  « fun » et « féminins ». Le premier indique que « C’est connu, le plaisir vient en astiquant », le second qu’il « faut pomper pour que ça gicle » et le dernier que « Zut », pour une fois qu’on était d’accord pour avaler. Qu’est ce que c’est audacieux ! Et moderne, en plus.

Mais le mieux, c’est les visuels de com qui vont avec. Là, pour le coup, on se marre. C’est drôle que des types au torse huilé fassent semblant de faire la vaisselle alors que le produit est clairement destiné aux femmes, ce qui de toute façon tombe bien puisqu’elles se tapent en moyenne trois fois plus de ménage que les hommes. Et puis, on ne parle pas du niveau des petites blagues un peu cul, mais surtout très beauf supposées nous donner envie de récurer le plat de lasagnes. « Avec moi, elle mousse en deux secondes », sérieusement ? Bon, en même temps, l’illustratrice en question a commis cette perle d’humour, on ne devrait donc pas être surpris…

L’artisanat pour les nulles

On termine avec une pub envoyée par un lecteur (merci Florent !). La magie de cette campagne réside dans le fait que le salon national de l’artisanat s’est payé des encarts par deux, histoire de mettre une pub se vantant de mettre à terre les idées reçues sur les femmes… Juste à côté d’une autre les prenant pour des abruties en faisant la promotion d’un calendrier d’artisans à poil. C’est ce qu’on appelle un échec cuisant.

Le dossier de presse du salon nous explique qu’il entend mettre fin aux idées reçues, rappelant que malgré le fait que les noms de métiers de l’artisanat ne soient pas déclinés au féminin (et l’électricienne, alors ?), les femmes représentent 30% des salariées de l’artisanat, 22% des chefs d’entreprise de l’artisanat contre 11% en 1977, 12% des artisans de la construction et 16% de ceux de la métallurgie.

Alors, expliquez-moi : si les femmes sont de plus en plus nombreuses dans le secteur de l’artisanat… Pourquoi s’adresser à elles comme à des écervelées que l’on doit appâter avec un calendrier mettant en scène l’artisanat dans tout ce qu’il a de plus viril ?