Pubs sexistes du jour, bonjour ! #15

Au programme : une offre d’emploi qui sent le cul, une campagne inspirée de l’élégant clip de « Satisfaction », un spot télé qui essaye très fort d’être féministe, une chaîne de fastfood qui arrête le sexisme (edit : en fait non, fausse joie – voire à la fin de l’article) et des conseils pour dégager une « énergie féminine ».

Sunday porn

Le magazine américain Sunday Style (qui tire à 900 000 exemplaires) a posté une annonce de stage du meilleur goût sur les réseaux sociaux : « Interns wanted », peut-on lire sur une photo de femme à quatre pattes, en lingerie et talons hauts, sur un lit. Une cafetière ou une photocopieuse pour ironiser sur le quotidien des stagiaires dans certaines grandes entreprises, ça aurait pu être drôle. Mais non, chez Sunday Style, on passe direct par la case cul. Face aux critiques de leurs followers, ils ont fini par publier un message expliquant qu’ils avaient commis une « erreur de jugement ».

Briques, ciment et petites pépées

Au Pérou, une entreprise de construction super classe a mis les petits plats dans les grands pour sa nouvelle campagne de pub : des panneaux énormes avec des femmes huilées à moitié nues, tantôt affublées d’un casque de chantier histoire, quand même, de faire le lien avec le produit, tantôt pas du tout, parce qu’au final ce qui fait vendre c’est des culs. En guise de slogans, de subtiles jeux de mots mêlant les champs lexicaux du sexe et du bâtiment.  Problème : bien que le droit péruvien soit supposé sanctionner ce type d’immondices,  les organisations de défense des droits des femmes regrettent que l’agence supposée pénaliser les publicités sexistes ne fasse pas le job.

2014

2015

Gillette double tranchant

Vous vous souvenez de l’article sur les pubs Dove et consorts qui jouent la carte du féminine ? Ca y est, c’est officiellement devenu un argument marketing qui n’a plus aucun sens. Vu que le message valorisant, le hashtag qui crée une effusion de #selflove et la musique touchante ont eu l’air de bien fonctionner pour Dove, Gillette a décidé de reprendre exactement la même recette dans sa nouvelle campagne. Cette pub nous dit : hey, sors de la boîte dans laquelle la société veut t’enfermer, allez viens, on est bien ! Et ensuite, elle essaye de nous vendre un rasoir. Belle tentative.

Carl’s Jr se refait une virginité

Cette semaine, une petite révolution est apparue sur les écrans américains. En même temps que le quotidien britannique The Sun a mis fin à la fameuse « page three » (Hallelujah !), la chaîne de fastfood Carl’s Jr a lancé un nouveau spot télé qui a failli me filer une crise de panique. Et pour cause : pour la première fois, il ne ressemble pas à un porno. La marque nous avait habitués aux spots mettant en scène des mannequins huilés filmés au ralenti (ci-dessous la pire de toutes), de sorte que je lui avais personnellement décerné la méga palme du sexisme et le titre d’annonceur irrécupérable. Que nenni ! Comme quoi, les cons peuvent véritablement changer d’avis. Reste à voir ce qu’ils nous serviront pour le Super Bowl.

2014

2015

Edit :
En fait non, que dalle : deux heures après la publication de l’article, ils sortaient leur vraie pub, celle avec des nichons et des vrais morceaux de sexisme dedans. La rédemption n’est pas pour maintenant.

M6 et l’éternel féminin

Ceci n’est pas une pub, mais je ne pouvais pas la laisser filer impunément. La « Minute facile » de M6 a invité une spécialiste tout droit sortie des 50’s pour nous parler des « 3 attitudes qui énervent les hommes ». Je trouve que Macholand a été très, très doux avec cette infâme vidéo. Personnellement, j’ai envie de frapper très fort cette dame avec mes fiches de paie jusqu’à lui donner envie de parler de sa carrière sous le prisme de la douleur et de la putain de fragilité. Je vous laisse juger.