10 raisons de ne pas aller voir 50 shades of Grey

Trois actrices porno nous donnent leurs cinq raisons de ne pas aller voir le navet de ce début d’année, et moi je vous recommande cinq livres érotiques largement plus intéressants qu’une demi-heure de queue devant le ciné pour voir une mauvaise comédie romantique déguisée.

Dans cette vidéo drôle et rafraichissante, Nadia Styles, Mercedes Carrera et Nina Elle nous donnent en bonus une liste de tags à consulter pour tomber sur du porn moins stéréotypé que la moyenne (bien que pour certains j’ai du mal à voir un gage de qualité).

 

Quant à moi, je n’irai pas voir ce film. Par pur principe. En revanche, j’ai lu le bouquin, histoire de pouvoir légitimement le pourrir en société. Je vous propose donc mes cinq bonnes raisons de rester loin du livre comme du film : une sélection de lectures érotiques 50.000 fois plus cool.

Dolorosa Soror, Florence Dugas

Ce roman sombre suit son personnage principal dans sa découverte du sadomasochisme. Si on s’en tient au synopsis, sur pas mal de points, Dolorosa Soror ressemble à ce satané 50 nuances : l’oie blanche qui rencontre un homme plus âgé, le BDSM… Sauf que là, c’est pour de vrai. Et c’est divinement écrit. Dans 50 nuances, ils se marient et (j’imagine) ont beaucoup d’enfants ; ici, on sait dès le départ que ça ne finit pas à la sauce Disney.
Réédité chez La Musardine en 2014.

 

Le Complexe d’Icare, Erica Jong

En 1973, Erica Jong publie un livre qui fout le bordel dans une Amérique aux balbutiements de la révolution sexuelle. Le complexe d’Icare raconte une femme sexuellement et intellectuellement affirmée, et c’est une femme exactement comme ça qui l’écrit. Son ambition : « Ouvrir le cerveau d’une femme et montrer ce qu’il y a dedans« . Dedans, pas de licornes mais une obsession du sexe qui chamboule les modèles.
Réédité chez Robert Lafont en 2001.

 

Œuvres érotiques complètes, Guillaume Apollinaire

On pense plus facilement au Marquis de Sade à l’évocation de la littérature érotique, pourtant Les Onze Mille Verges de Guillaume Apollinaire est jugé plus puissant encore. La Musardine a édité l’intégralité de ses textes érotiques – dont certains étaient passés à la trappe jusque là – dans un recueil sublime. Un retour aux fondamentaux incontournable, bien que moyennement juste sur le plaisir féminin, époque oblige.
Aux éditions La Musardine, 2013.

 

Pourvu qu’elle soit rousse, Stéphane Rose

Le premier roman (autobiographique) de l’auteur de Défense du poil raconte l’histoire d’un homme obsédé par les rousses. Dans Pourvu qu’elle soit rousse, on le suit dans sa quête frénétique sur les sites de rencontre, armé de son unique critère de recherche. Un carnet de route porno et introspectif qui se lit d’une traite. Aujourd’hui, il l’assure, Stéphane Rose va beaucoup mieux.
Réédité chez La Musardine en 2014.

 

Et mes seins, tu les aimes ?, Gérard Lenne

Ce superbe livre subtilement érotique raconte les 50 scènes les plus érotiques du cinéma. Page 19, une Brigitte Bardot nue dans Le Mépris de Jean-Luc Godard ; un Michel Piccoli troublé, qui ne sait que dire « oui ». « Tu vois mes pieds dans la glace ? », elle minaude. « Oui. » « Tu les trouves jolis ? » Et mes cuisses ? Et mes seins ? « Elle se retourne, tout bascule, (…) les seins vacillent, le ventre frémit et la fine toison apparaît. »
Editions La Musardine, 2013.

 

PS : Malgré les apparences, cet article n’est pas sponsorisé par La Musardine. Ils sont juste très forts, que voulez-vous que je vous dise.