« Martin, sexe faible » : glaçante inversion des rôles

Vous vous souvenez de Jacky au Royaume des filles ? Avec la nouvelle série de Studio 4, l’inversion des rôles est poussée bien plus loin…Martin est traité comme une carpette, infantilisé, chosifié, harcelé, discriminé. Il vit un enfer, en somme, mais semble s’en accommoder : c’est comme ça. Le monde de Martin n’est pourtant pas si éloigné du nôtre. Il est même très réaliste. A une différence près : son quotidien parait insupportable parce que nous avons plutôt l’habitude qu’il soit celui des femmes. Dans la nouvelle web-série de Studio 4 (France 4), donc, les femmes ont le pouvoir. Ce monde parallèle n’a rien à voir avec ce à quoi pourrait ressembler notre société si le pouvoir avait magiquement changé de camp. Non, dans Martin, sexe faible, c’est une pure et simple inversion des rôles. Les femmes dominent, les hommes font avec. On sent bien que ce déséquilibre est culturellement accepté : c’est la norme. Il semble qu’inverser les rôles genrés soit devenu une mode dans la fiction. Est-ce parce que c’est un bon outil pour s’apercevoir des inégalités, ou parce que c’est un ressort un peu facile ? En tout cas, si les histoires brossées par la série semblent caricaturales, c’est simplement qu’elles sont condensées… Faut dire que chaque épisode dure moins de deux minutes.

« Donc vous avez trente ans et toujours pas d’enfant ? », demande une recruteuse à ce bon Martin. « J’ai déjà dix congés pater’ sur le dos là, donc si on pouvait éviter ce serait pas mal. C’est un univers de femmes ici, j’espère que vous en êtes conscient. Vous êtes en couple ? » Cet épisode sur l’entretien d’embauche est insoutenable. Pourtant, la question de la maternité reste ancrée dans la tête de certains recruteurs, qui voient bien souvent les femmes comme des investissements à risque : en cloque, il faut trouver un remplaçant, le former, et en plus la nana se pointe après son congé et réclame son ancien poste ! Une tannée. Dans les autres épisodes de la mini-série, Martin est harcelé dans le RER, expérimente le test du « jean-sac-d’os », essuie les remarques lubriques de sa boss… Bref, la vie, la vraie !