Le courrier du cul #9

La boîte aux « courriers du cul » est pleine à craquer. Tellement, en fait, que les courriers seront dorénavant publiés par grappes. Aujourd’hui, let’s talk about cunnilingus, baby.

 

« Mon copain est dégoûté par le cunnilingus. Ses rares tentatives sont des échecs : il ne sait pas comment s’y prendre et  je n’arrive pas à le guider sachant qu’il est en train de se forcer. Je suis  clitoridienne et j’ai toujours été avec des mecs qui adoraient faire ça. Mes amies ne pouvant m’aider (bande de connasses vaginales), je m’en remets à vous. »
Farah*
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Chère Farah,

Vos connasses de copines (c’est vous qui le dites) n’en sont pas vraiment, je vous l’assure, puisque l’orgasme féminin est lié d’une manière ou d’une autre au clitoris, cet organe dont on ne dit pas suffisamment à quel point il est formidable. Le clitoris étant un grand organe dont la partie visible n’est que la promesse de ce qui se cache derrière (bordel, c’est beau), on est donc plutôt sensible du bouton de rose que de la partie immergée de l’iceberg, ou inversement, que « clitoridienne » ou « vaginale ». Vous me suivez ?

Revenons-en à nos chatons. Ce n’est probablement pas ce que vous aimeriez entendre, mais non : vous ne pouvez décemment pas forcer votre partenaire à se livrer à une pratique sexuelle qui ne lui plait pas. Quand quelqu’un exprime son refus, il faut le respecter, ma bonne dame. Ceci dit, il serait utile de savoir ce qu’il trouve de dégoûtant dans celle-là, de pratique. Sinon, ça ne va pas être pratique.

S’il déteste ça, il est plutôt logique qu’il ne sache pas comment s’y prendre. Si on me convainc très fort d’écouter le dernier album de M Pokora, voyez, je le ferai peut-être à l’usure, ou pour faire plaisir, mais avec bien peu de conviction. Rien ne sert de s’acharner, il y viendra peut-être spontanément, peut-être pas… A vous de déterminer si c’est indispensable à votre épanouissement. Si ça ne l’est pas, il y a environ un milliard d’autres manières de stimuler votre clitoris sans en venir à la langue. Alors explorez !

« Je n’arrive pas à faire un cunnilingus, par peur de mal faire… Mais du coup je ne m’exerce jamais. Je ne l’ai fait qu’une fois et ce n’était pas très glorieux. Comment me débarrasser de cette peur et n’avoir aucune gêne ? »
Lou*
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Chère Lou,

Rien ne sert de se mettre la rate au court-bouillon. Le sexe est un jeu, en tous cas on ne devrait pas le voir comme une succession de techniques plus ou moins bien maîtrisées comme à la GRS, avec une note à la clé. Chaque personne a ses goûts propres, c’est donc une découverte que vous ferez à deux.

Alors si vous en avez envie, demandez-lui de vous guider. Ca fera probablement retomber la peur comme un soufflé. Communiquer n’est pas un tue-l’amour, ça peut être particulièrement sexy. Si votre partenaire est bienveillante à votre égard, les petits couacs ne seront qu’autant d’occasions d’apprivoiser votre plaisir.

« Je n’ai jamais aimé le cunilingus. Ca ne m’exite en rien, ça a plutot tendance a me refroidir… Ca fait quatre ans que je suis en couple avec un homme, et le sujet revient souvent sur le tapis. Il me dit que c’est ce que veulent toutes les filles. Mais je reste dans le refus. Ai-je tort ? Dois-je le laisser essayer encore et encore jusqu’à éprouver une pointe de plaisir ? »
Sophie*
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Chère Sophie,

Il a l’air d’y connaître un rayon, le monsieur, pour vous dire ce que « toutes les filles » veulent. Mais, c’est con, il en a une avec lui, qu’il ferait peut-être bien d’écouter avant de lui expliquer ce qu’elle ressent. Non, toutes les femmes n’aiment pas le cunnilingus. De la même manière que tous les hommes n’aiment pas le foot et les pâtes à la carbonara. Sinon ça se saurait, et on s’emmerderait pas mal.

Vous n’avez absolument pas tort. Vous ne devriez vous forcer à rien et ça, par contre, c’est valable pour toutes les femmes (dites- lui ça, tiens).

Le cunnilingus est une pratique très intime, c’est ce qui en fait le sel. Si vous n’en avez pas envie, ça n’a aucun intérêt. Tous les hommes savent ça, non ?

*Les prénoms ont été changés.

A vous qui m’avez écrit et n’avez pas encore eu de réponse, je vous présente mes plus plates et douces excuses ! Vous êtes très nombreux-ses à m’écrire et je ne veux ni prendre vos messages à la légère ni y répondre à la va-vite.