« Martin sexe faible » : le retour

L’année dernière, je vous vantais les mérites de Martin sexe faible, géniale websérie Studio 4 basée sur une savoureuse inversion des rôles homme-femme. Cette année, Martin revient pour une saison 2 – dont Poulet Rotique est partenaire -, toujours aussi assujetti, toujours aussi objectifié, toujours aussi abreuvé d’injonctions contradictoires. 

Le programme, créé par Juliette Tresanini, Antoine Piwnik et Paul Lapierre, dénonce avec humour (noir) le sexisme ambiant essuyé par les femmes au quotidien. Mais dans le monde parallèle qu’ils ont imaginé, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. A la fin de la saison 1, on laissait Martin dans le métro, face à deux reloues de compétition. On le retrouve dans ce premier épisode, diffusé la semaine dernière, en rendez-vous chez son andrologue. Elle sait mettre à l’aise, la dame. Une consultation qui vous rappellera peut-être au doux souvenir du hashtag #PayeTonUtérus et ses histoires – vraies – de mots de travers et de paternalisme dans les cabinets gynécologiques.

Dans les prochains épisodes, Martin sera confronté au slut shaming (en chemise à manches retroussées, en même temps, il cherche), aux joies de la paternité (et la répartition des tâches qui va avec), aux remarques assassines d’un date qui tourne mal (il aurait quand même pu faire profil bas, le répondant c’est pas joli chez un garçon), à un savoureux cas de conscience sur un site de rencontre… En tout, 8 épisodes qui promettent de toucher avec encore plus de justesse à la réalité du sexisme ordinaire. La force du programme : donner l’impression de forcer le trait, alors qu’il tape en plein dans le réalisme.

A partager avec votre pote persuadé que le sexisme n’existe plus aujourd’hui, votre grand-mère qui a du mal à comprendre ce que vous voulez dire quand vous parlez de « double standard », votre petite soeur qui commence à entrevoir les inégalités filles-garçons, et tous les autres.