Comment obtenir un « bikini body » en moins d’une semaine ?

Nous voilà enfin arrivées à cette période de l’année qui voit la culpabilité et la détestation de soi bourgeonner de concert avec la végétation. Chaque printemps, un terme revient avec un peu plus de force dans les médias : « bikini body » – littéralement en français, « corps de bikini ». Arrêtons-nous un instant sur ce terme formidable : en cinq syllabes seulement, il arrive à nous rappeler qu’il n’y a qu’un type de corps qui soit conforme aux exigences d’un maillot de bain deux pièces.

Il est apparu pour la première fois en 1961 dans une chaîne d’instituts minceur – le genre d’endroit où on pouvait passer sous des rouleaux compresseurs et sur des tables vibrantes pour espérer évacuer sa couenne. Cette année là, leur campagne de pub annonce assez clairement la couleur : « L’été est merveilleusement amusant pour celles qui ont l’air jeune. Une poitrine haute, taille fine, hanches fermes, jambes gracieuses et élancées – un bikini body ! ». Tout est dit : l’été est en effet « merveilleusement amusant » pour celles qui ont l’air de mannequins brésiliennes de 16 ans ; les autres par contre, vous allez morfler.

Le terme tombe aux oubliettes après cette campagne et refait surface dans les années 90, cette fois pour de bon. C’est là qu’il dépasse le vocabulaire de l’industrie de la minceur pour s’installer dans celui de la presse, et plus récemment dans la bouche du grand public. Rappelons-nous que le bikini, à sa naissance dans les années 40, était interdit sur de nombreuses plages européennes, ce qui en a fait un symbole de liberté pour celles qui osaient le porter quand même. Finalement, aujourd’hui, c’est un peu la même chose : quand on n’a pas un « bikini body », porter quand même un bikini est presque un acte de bravoure. C’est bien, on avance, hein ?

Alors j’en profite pour vous donner ma méthode infaillible pour obtenir un « bikini body » en moins d’une semaine. Prête ? Etape 1 : mettez un bikini. C’est tout. Joyeux printemps !