Le harcèlement de rue, je connais. Oui, forcément, puisque je suis une femme et que j’ai, de temps à autre, l’audace de m’aventurer hors de mon appartement. Les remarques intempestives sur la longueur de mes jupes ou la rondeur de mes miches, l’impression d’être une côtelette sur un étal de boucher-charcutier, ou un mouflet fébrile sur la scène de L’Ecole des fans, qui attend sa note, merci bien, je connais. Mais, récemment, j’ai fait la découverte d’un autre style de harcèlement de rue.

A travers mon travail de journaliste, je rencontre chaque jour des femmes inspirantes, intelligentes, superbes, puissantes, qui se confient à moi sur leur cheminement vers l’émancipation. Ces échanges sont vivifiants et doux – je suis convaincue que nous bénéficions toutes et tous de prêter attention au témoignage d’autres femmes, qu’elles nous rappellent nous-mêmes ou soient à l’opposé exact de notre trajectoire personnelle. Je lance donc une nouvelle rubrique : Relationship Status. Une collection de témoignages axés sur la relation que nous entretenons avec certaines des composantes de notre identité.

Le web s’enflamme depuis quelques jours sur un chiffre effrayant : la moitié des britanniques ne sait pas localiser son vagin. On n’a pas posé la question à des jeunes filles, le panel courait de 26 à 35 ans. Sur un schéma comme celui ci-dessous, on leur a demandé de placer cinq zones pouvant être touchées par un cancer gynécologique