Ode au clitoris

En apprendre plus sur le clitoris en regardant un clip de moins de quatre minutes qu’en allant assidûment en cours de biologie pendant toute sa scolarité, voilà le programme du jour. 

Le site américain Refinery29 a concocté un clip, que dis-je, une ode à la partie la plus cool et la plus méconnue de l’anatomie féminine. Sous la forme d’un karaoké (dont un symbole de clitoris remplace la petite bille censée vous dire où vous en êtes dans les paroles), la vidéo retrace l’histoire de cet organe méconnu et méprisé. Moins de quatre minutes, donc, pour un historique romancé de l’épopée du joliment nommé « bouton de rose ». Go ! On commence en Grèce Antique, où l’anatomie masculine est mise sur un piédestal au détriment du sexe féminin, avant de faire un détour par la chasse aux sorcières pendant laquelle le plaisir féminin est l’une des raisons de finir sur un bûcher. Rappelons que la découverte anatomique du clitoris a lieu au 16e siècle, mais qu’il sera successivement ignoré ou diabolisé jusqu’au 20e siècle. Forcément, puisqu’étant uniquement dédié au plaisir, il est inutile à la procréation. Détour par le cabinet de ce bon vieux Freud et ses théories décrivant le clitoris comme l’outil d’un plaisir « immature » et coupable, avant un passage au 20e siècle, dans le labo de Masters et Johnson, les parents de la sexologie et de la recherche sur le plaisir féminin. Et là, on découvre le meilleur costume du monde, qui va hanter tous vos Halloween pour l’éternité : un clitoris à taille humaine, muni d’une multitude de ramifications : oui, « le clitoris est bien plus que ce que l’on peut voir », comme l’assène le refrain. Et comme ce clip est un sans-faute, il se clot sur un bureau d’ordinateur dont un dossier « Patriarcat » glisse dans la corbeille.

 

Je profite de cette bande-son extrêmement catchy pour vous recommander la lecture de La fabuleuse histoire du clitoris, du sexologue Jean-Claude Piquard. Un livre fascinant qui retrace, cette fois de façon exhaustive, le passif de ce (pas si) petit organe qu’aujourd’hui encore, 50% des jeunes filles ignorent posséder, et dont 16% seulement connaissent la fonction. Aux éditions H&O, 2013. Préfacé par Julie Muret d’Osez le féminisme.

Je vous invite aussi à regarder la géniale série Masters of sex, sur la vie de William Masters et Virginia Johnson, pionniers de la sexologie aux méthodes scandaleuses pour l’époque (puisqu’impliquant des capteurs électro-sensibles, des clitoris et des godemichets). Diffusé aux Etats-Unis sur la chaîne Showtime).