Sororité : l’arme fatale

La sororité peut être un bulldozer contre le plafond de verre. Face à la difficulté des femmes à se faire entendre au travail, certaines adoptent des stratégies pour se pousser les unes les autres et faire front. C’est le cas par exemple des collaboratrices de Barack Obama, qui ont confié leur stratégie pour se faire davantage entendre en réunion : l’amplification.

Tout ça part d’un désespérant constat : les femmes de l’équipe se sont aperçues qu’elles étaient moins écoutées que les hommes, sans cesse interrompues, que leurs idées avaient tendance à être reformulées par des hommes qui les reprenaient à leur compte, et qu’elles étaient souvent jugées négativement quand elles tentaient de s’imposer. Un constat que l’on sait désespérément banal, puisque les études à ce sujet se succèdent et n’ont de cesse de révéler que ces mécanismes se sont sagement installés dans nos pratiques.

Les conseillères d’Obama ont donc décidé de la jouer collectif, et de mettre en place un système simple : quand une femme avance une idée clé en réunion, les autres l’appuient quand elles prennent la parole, tout en rappelant qui l’a émise.

Cette stratégie est à contre-courant d’un des mythes les plus persistants au sujet des femmes : elles seraient d’affreuses pimbêches qui n’hésiteraient pas à mettre des bâtons dans les roues de leur semblables pour survivre dans la jungle du monde du travail. Des millénaires de sabotage en règle ont bien réussi à nous faire croire que les femmes étaient faites pour se comporter en rivales, façon combat de poules… Laissant tout le temps aux hommes de faire du monde du travail leur terrain.

Ce stéréotype porte un nom : le Queen Bee syndrome, que je me suis fait un plaisir de déboulonner dans un dossier qui parait dans le magazine Elle de cette semaine (aujourd’hui en kiosques), écrit avec Julia Dion.

J’y explique que ce “syndrome de la reine de la ruche” est une prophétie autoréalisatrice : tant que l’on croira que les femmes sont malveillantes les unes avec les autres, comme nous le rabâche la pop culture à longueur de temps (pensez à Miranda Priestly dans Le Diable s’habille en Prada), on continuera à faire de ce mythe une réalité. Pourtant, si on choisit de considérer celles qui réussissent non pas comme des menaces mais comme des modèles, et de donner les coups de pouce que l’on peut à celles qui en ont besoin, c’est toutes les femmes que nous aidons. Nous les premières.

Allez hop, toutes en choeur : sororité !

Pour trouver des tonnes de ressources et de conseils sur le mentorat au féminin  – comment, en fait, on n’a pas besoin d’attendre d’être CEO de sa boîte pour mentorer une autre femme et comment on peut mettre en place des stratégies toutes simples pour instaurer un peu de bienveillance féminine sur son lieu de travail -, allez fouiller sur #LeanInTogether (malheureusement seulement en anglais).